(sociales, urbaines & numériques)


Texte de Gilles Clément

Ecrit pour le colloque « Ralentir la ville » du 30 janvier 2010

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Un espace-temps recyclable
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Ralentir c’est donner à l’étirement du temps et de l’espace une valeur supérieure à toute autre valeur acquise par la contraction de l’espace et du temps.
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La valeur de cet étirement n’est pas perceptible par tous. La réduction du temps des transports, la succession rapide des images, l’absence de silence qui les sépare, le découpage « cut » des scénarios, la bousculade des mots et leur enchaînement obligatoire dans toute émission radiophonique, l’inacceptable « blanc » dans le discours d’un présentateur,  l’immédiateté des transmissions des messages sur le Net : tout concourt à l’impatience et à l’intolérance de l’attente. La lenteur, assimilée à une perte de temps, fait l’objet d’une stigmatisation précise dans toute entreprise où l’efficacité du travail se trouve confondue avec la pleine occupation du temps. Celui qui rêve fait perdre de l’argent … Entre Limoges et Clermont-Ferrand un train réduit à une seule voiture parcourt le trajet sur une voie unique et constante. Il traverse en  grande lenteur d’admirables paysages où les forêts s’ouvrent sur des tourbières rousses, où les fonds de reliefs, creusés de multiples ruisseaux, acquièrent avec le temps un équilibre sauvage et un air de « résistance ». J’observais les passagers. Aucun ne regardait le paysage. Les plus actifs « travaillaient » à leur écran d’ordinateur, d’autres prenaient des notes d’un air fébrile et pénétré d’urgence, d’autres lisaient. Certains regardaient un film vidéo, d’autres s’activaient sur le clavier du « téléphone à tout faire », les plus indifférents.les plus fatigués- dormaient ou faisaient semblant. Tous tuaient le temps.
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Ainsi la lenteur se trouve-t-elle assimilée à un surplus de temps qu’il faut à tout prix éliminer. On ne sait que faire de ces pages de l’emploi du temps où rien ne se trouve inscrit. Comment va-t-on occuper les vacances ? Angoisse de la vacance, vacance de l’esprit. Le vide : impossible perspective. Quant au temps gagné par l’accélération des transports, la vitesse des échanges et des communications, on ne sait rien en faire d’autre que l’investir immédiatement dans une activité saturante donc rassurante. L’industrie du loisir a bien saisi les opportunités du temps libre. Le temps gagné ici sert à tuer le temps ailleurs.
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Peut-on transposer à l’espace ce que l’on dit du temps ? Est-on en mesure de ralentir ou d’accélérer l’espace ? Dilater ou contracter l’espace –en modifier la valeur subjective- revient-il à en accélérer ou à en ralentir la perception ? Dans un champ de réflexion où l’espace et le temps agissent à la fois objectivement et subjectivement que signifie ralentir la ville ?

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Contexte originel de l'image : justice-paix.cef.fr/Mobilite-durable.html

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Ce texte permet une intéressante mise en perspective de la manière dont s’est structuré l’aménagement urbain jusqu’à nos jours, en fonction d’un élément symbolique de notre capitalisme industriel : la voiture, avec l’idéal « démocratique » d’une société de petits propriétaires qu’elle porte depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Selon l’auteur, très engagé, la voiture polluante n’a pas seulement bouleversé notre rapport à notre environnement urbain, en étant au passage la principale cause de l’étalement urbain : elle nous a aussi fait perdre le sens de la proximité.

Le plus intéressant, dans cet article qui donne une analyse très actuelle de questions toujours d’actualité, c’est la date à laquelle il a été rédigé : 1973, c’est à dire en pleine période de démocratisation et d’expansion du règne de la voiture… Sans conteste un texte fondateur utile à toute réflexion sur la mobilité durable.

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L’idéologie sociale de la bagnole

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Le vice profond des bagnoles, c’est qu’elles sont comme les châteaux ou les villa sur la Côte : des biens de luxe inventés pour le plaisir exclusif d’une minorité de très riches et que rien, dans leur conception et leur nature, ne destinait au peuple. A la différence de l’aspirateur, de l’appareil de T.S.F. ou de la bicyclette, qui gardent toute leur valeur d’usage quand tout le monde en dispose, la bagnole, comme la villa sur la côte, n’a d’intérêt et d’avantages que dans la mesure où la masse n’en dispose pas. C’est que, par sa conception comme par sa destination originelle, la bagnole est un bien de luxe. Et le luxe, par essence, cela ne se démocratise pas : si tout le monde accède au luxe, plus personne n’en tire d’avantages ; au contraire : tout le monde roule, frustre et dépossède les autres et est roulé, frustré et dépossédé par eux.

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Manuel Castells •  The Networked City : Réseaux, espace, société.


L’objet de cet article est de traiter de la transition vers de nouvelles formes d’organisation économiques et culturelles, impliquant des transformations spatiales, et liées à un changement technologique profond, au cours des vingt dernières années. Je le ferai dans une perspective comparée et dans une dimension globale, car cette transformation est à la fois locale et globale. Nous observons des spécificités de situations dans chaque culture, chaque société et chaque espace, et dans un même temps, certains traits communs peuvent être identifiés et considérés comme les fondements sur lesquels s’opèrent ces variations culturelles et institutionnelles. Le rapport entre certains invariants de la transformation techno-socio-spatiale et la spécificité culturelle et géographique de chaque ville, ou chaque région, sont au cœur de la problématique urbaine actuelle.



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Les livres de la Fing : des « cahiers de tendances » et d’expertise qui font déjà référence sur l’innovation urbaine liée aux technologies numériques. Depuis aujourd’hui même, ces précieux ouvrages sont disponibles en lecture ou en téléchargement gratuit sur ce site.

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…en voici un panorama non exhaustif :

  • La « ville 2.0″, complexe et familière

Comment favoriser l’accès à la ville grâce au numérique et faire du numérique un facteur de lien social ?

Minérale et charnelle, historique et politique, la ville est, aujourd’hui,aussi numérique. Elle se décrit, se modélise et se pilote numériquement. Toutes ses innovations comportent une dimension numérique.

Des myriades de puces équipent ses espaces, ses bâtiments, ses véhicules, ses habitants ; et notre vie quotidienne est ponctuée d’échanges numériques. Ce mouvement exprime et accélère une transformation profonde de notre mobilité, de nos pratiques sociales, de l’organisation de nos temps, du fonctionnement des entreprises et des acteurs publics.

Ce « cahier de tendances » explore la tension entre deux transformations majeures dont le numérique et les réseaux sont les instruments et les catalyseurs : d’une part, la complexité liée à l’individualisation et la personnalisation, et d’autre part, les nouveaux agencements qui cherchent à rendre la ville plus navigable, plus sociable, plus attentive.
Peut-on rendre cette ville « augmentée » à la fois plus personnelle, plus attentive aux aspirations de chacun, mais aussi plus familière, plus accessible et plus collective ?

Auteur : Fabien Eychenne, Collection Fabrique des Possibles, Fing/Fypéditions, parution le 16 janvier 2009

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Marchés et libertés à l’heure du partage social

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Les Presses universitaires de Lyon viennent de faire paraître la traduction française de La Richesse des réseaux de Yochaï Benkler, ce spécialiste des sciences politiques, professeur à la Harvard University, codirecteur du Centre Berkman pour l’internet et la société.

Nous vous proposons à cette occasion de découvrir cet ouvrage, qui fait déjà figure de classique, en publiant sa longue introduction qui à l’avantage de donner un réel aperçu des modalités de l’argumentation de Yochaï Benkler… Pour lui, l’enjeu de la société de l’information repose tout entier sur la transformation du mode de production de l’information, de la communication et de la connaissance. L’émergence de l’économie de l’information en réseau nous permet de faire davantage “pour et par nous-mêmes”. Elle réorganise en profondeur l’espace public et vient contrarier l’hégémonie de la production marchande et propriétaire que nous connaissions dans la sphère de la production du savoir, de l’information et de la culture. Une transformation qui constitue, pour lui, une opportunité unique à saisir pour nos démocraties et notre société.


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